Cabrera, l’archipel aux poètes, une nature vierge

A bord de « golondrinas », depuis La Colònia de Sant Jordi et Portopetro, au sud de Majorque, les touristes peuvent se rendre à Cabrera pour la journée car la navigation y est soumise à autorisation.

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Cabrera, une nature vierge.


L’archipel de Cabrera, composé par une île principale, Cabréra, six petites îles, douze petits îlots et rochers affleurants, se situe à 15 kilomètres au Sud du cap Salinas, pointe extrême de la côte méridionale de l’Île de Majorque dont il dépend administrativement. Sur le plan de la faune et de la flore, il constitue un considérable et un inégalable écosystème insulaire vierge, non altéré par l’homme et unique en Espagne, voire en Europe.

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Parc national maritime et terrestre.


Classé Parc National Maritime et Terrestre en 1991, plus de 10.000 hectares de terres îliennes calcaires et de fonds marins stupéfiants, l’archipel recense plus de 560 espèces botaniques, 200 de poissons et de nombreux invertébrés endémiques. C’est aussi une escale et un point stratégique, sur la route migratoire, pour plus de 150 espèces d’oiseaux.

Ses fonds marins les mieux conservés du littoral méditerranéen, domaine de prédilection des mérous, des poulpes, des murènes, des dauphins mulassiers, rayés et communs, des globicéphales noirs, des cachalots et des tortues sottes, sont riches de 162 espèces d’algues marines et de vertébrés et d’invertébrés comme le nudibranchie criard. Et la présence de prairies à posidonies d’une importance capitale au point de vue de la diversité et de la productivité, y favorisent la reproduction et le foisonnement d’un grand nombre d’espèces marines.

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Faune et flore sur l’ïle de Cabrera.


Son espace côtier abrite les colonies d’oiseaux les plus diversifiées de la Méditerranée occidentale : puffins cendrés, océanites tempêtes, mouettes d’Audouin, cormorans, aigles pêcheurs et faucons d’Eléonore repérables autour des îlots, etc…

La faune terrestre est dominée par les 10 sous-espèces de petits lézards qui la peuplent, dont l’endémique « sargantana balear », un petit lézard noir.

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Et la flore du Parc est composée de 516 espèces de plantes vasculaires, 22 espèces de mousses et 21 espèces de lickens. Vingt espèces sont endémiques des îles Baléares et une sous-espèce, « la rubia angustifolia subsp. Cespitosa », est endémique de l’archipel de Cabrera. Les espèces botaniques les plus intéressantes sont le Rhamnus des Baléares, la pivoine des Baléares, etc...


Des visites réglementées.


L‘archipel étant domaine militaire, il est rigoureusement interdit de pratiquer la plongée sous marine avec bouteille et la pêche sportive, de débarquer des animaux et de camper, de récolter des plantes, des minéraux et des espèces protégées.

Raymond Matabosch.

Publié le 28 Juin 2011 sur :

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Le Massif du Thaurac, lieu de vie depuis des millénaires et refuge des opprimés…

Situé dans la Haute Vallée de l’Hérault, le Massif du Thaurac, des grandes falaises rongées par l’érosion et des chapelets de grottes, de gouffres, d’avens, de scialets et d’autres cavités naturelles, est une imposante masse de calcaire, de forme triangulaire. Du haut de ses 487 mètres, à son sommet « le Bosc del grand Serre », il se dresse, imposant et majestueux au dessus de l’impétueux et imprévisible fleuve au caractère méditerranéen bien trempé avec ses crues soudaines, d’hiver et de printemps, ou liées aux précipitations d’automne et au phénomène cévenol, dévalant du Mont Aigual.


Le massif du Thaurac, enclave calcaire entre deux fossés tectoniques d’effondrement.


Le massif du Thaurac, enclave surgissant au sein de terrains imperméables, limité par deux grandes failles marginales inverses et autres cassures ayant disloqué sa masse interne carbonatée, se présente sous la forme d’un plateau trilatéral serti entre le synclinal Crétacé à Myocène, à fond plat, de la plaine de Ganges, au Nord, et le bassin d’effondrement Oligocène de Montoulieu, en bordure de la marge passive du golfe du Lion, au Sud. Ce bloc montueux, tourmenté et accidenté est un horst soumis, suite à la poussée orogénique pyrénéo-provençale, à une forte compression qui, en profondeur, en avait plissé ses assises plus plastiques des trois premiers sous-étages stratigraphiques du Malm(1), - Jurassique supérieur -, l’Oxfordien, – marnes bleues à Ammonites pyriteuses -, l’Argovien, – marnes jaunes, alternance de bancs marno-calcaires et de bancs de craie riches en chailles, calcaires récifaux riches en fossiles silicifiés -, et le Raucarien, – calcaires jaunâtres récifaux riches en Polypiers et Solénopores, calcaires oolithiques, calcaires à grosses oncolithes -, et déversé et cassé les couches supérieures, plus massives, du Kimméridgien et du Tithonien.

Couvert d’une végétation, majoritairement sempervirente, traditionnelle de la garrigue méditerranéenne, où domine le ciste cotonneux, le ciste à feuille de sauge, le chêne vert, - ou yeuse -, le chêne blanc, l’euphorbe, le fenouil, le genêt à balai, le spartier à tige de jonc, le genêt des teinturiers, le panicaut, l’épine blanche, l’agave, le thym, le romarin, la ronce… cet îlot calcaire, ceint par une muraille minérale escarpée, est un paradis pour les grimpeurs. Quelques 650 itinéraires d’escalade, sécurisés et équipés, entre 20 et 120 mètres d’aplombs vertigineux et de parois rocheuses verticales émergeant au-dessus des vignobles, s’étalant sur une quinzaine de secteurs dont particulièrement ceux de l’Épingle à Cheveux, de la Baume du tigre, de la grotte aux mille Fées et de la Beaume d’Aymé, tous niveaux représentés, s’y dénombrent.


Le défilé du Thaurac.


Ne mesurant pas sa fougue ardente, l’Hérault divise, en deux, le massif sur plusieurs kilomètres, offrant, entre Laroque et Saint Bauzille de Putois, un paysage magnifique, d’étonnantes falaises calcaires colorées, abruptes et imposantes, des gorges ostentatoires sur un site appelé le défilé du Thaurac.

Tout au long de son parcours, s’offre le spectacle grandiose, fascinant et inhabituel créé, au fil des ères géologiques, sur des millions d’années, par l’inlassable et patient travail d’érosion du fleuve, l’architecte et seul privilégié, sculptant et déchirant, tel un artiste fou, la roche friable. La nature sauvage et naturelle, en majesté, véritable oasis au cœur de terres arides, s’y dévoile à l’état brut. Le défilé de Thaurac, d’une profondeur variable de 200 à 300 mètres, véritable canyon encaissé entre des falaises abruptes, jalonné de marmites de géant, de cascades bouillonnantes, se décline sous de multiples facettes alliant calmes et colères des éléments fondamentaux de la Terre en éternelle effervescence.

Véritable zone de loisirs et de sports à ciel ouvert, cette saignée serpentine aux eaux claires et frîches, incisée dans un cadre somptueux, invite à la baignade et à la pratique du canoë-kayak. En outre, un sentier, solidement implanté, parfois accroché aux parois escarpées ou franchissant, par des ressauts, le cours torrentueux du fleuve, permet de pénétrer le mystérieux et le pittoresque.


Multitude d’avens et de grottes dissimulés sur tout le massif du Thaurac.


Sur une superficie réduite d’environ 5 kilomètres carrés, le karst compte un nombre impressionnant de cavités majoritairement regroupées par secteur autour d’une anfractuosité majeure. Un inventaire spéléologique, dressé en 1983, en dénombre plus de 250 dont 120 dans le seul secteur du défilé du Thaurac, entre Laroque et Saint-Bauzille de Putois.

Et comme le spécifiait, fort bien, un géologue languedocien du XIX° Siècle, « différents types de cavités se rapportant aux stéréotypes classiques de la région », Mio-Pliocène d’extension régionale, du Nord de Montpellier aux Causses, et Plio-Quaternaire, la Grotte des Demoiselles et l’Aven des Lauriers en étant les vestiges les plus importants, « font la richesse de ce massif. » Ces deux cavités, subtilement exploitées par l’industrie du tourisme, recèlent, dans les entrailles « gruyèrées » du karst thauraquien, de vastes salles concrétionnées, - 52 mètres de hauteur, 48 mètres de largeur et 120 mètres de longueur pour celle de la Grotte aux mille Fées -, et des galeries, d’une extraordinaire richesse, fastueusement décorées de concrétions fines, aux couleurs éclatantes, d’immenses orgues minérales, de Stalactites et de stalagmites, aux formes et aux personnages mystérieux, de draperies, d’aragonites…

Depuis la nuit des temps, le Massif du Thaurac, et sa multitude d’avens et de grottes, a été un lieu de vie et de refuge depuis l’homme de Neandertal jusqu’aux Maquisards, durant la Deuxième Guerre Mondiale, en passant par les hommes du Néolithique et ceux de la Proto-histoire, les Volques Arécomiques, les Romains, les premiers chrétiens martyrisés, les Cathares fuyant la répression de la Croisade des Albigeois, les Curés pourchassés… et les Camisards.


Notes.


(1) Le Malm, ou Jurassique supérieur, s’étend de 161.2 à 145.5 Millions d’années et est divisé en trois étages stratigraphiques, l’Oxfordien-Argovien-Raucarien, 161,2 à 155,7 Millions d’années, le Kimméridgien 155,7 à 150,8 Millions d’années et le Tithonien, anciennement le Portlandien 150,8 à 145,5 Millions d’années.


Publié le 08 Décembre 2010 sur

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Aumont-Aubrac, joyau d’architecture à la croisée des routes.

A l’extrême limite Sud de l’Auvergnat mais dans le département de la Lozère, entre les monts granitiques de la Margeride et les plateaux basaltiques de l’Aubrac, au carrefour de l’ancienne Via Agrippa reliant Lyon à Toulouse et à Bordeaux, et de la Via Podensis, la Voie du Puy en Velay et Chemin de Saint Jacques de Compostelle, Aumont-Aubrac se niche et se pelotonne en Pays de Peyre. De nos jours, l’autoroute A75, la Méridienne, de Clermont-Ferrand à Béziers, et la ligne de chemin de fer Paris-Béziers, voies de communication modernes, font perdurer la vocation, mutatio romaine, incontournable étape de la traversée des monts d’Aubrac pour les pèlerins, et ville d’accueil, de la petite cité.



Aumont-Aubrac, à la croisée des routes.


A la croisée de voies antiques, la station « d’Altum Montem » était une étape sur la voie romaine qui, venant de Saint-Côme d’Olt, à travers l’Aubrac lozérien, passait par Saint-Chély d’Aubrac, les Enfrux, Ad Silanum, -lac de Souveyrols entre Montorzier et Puech-Cremat -, les Salhiens, Marchastel, Rieutort d’Aubrac et Aumont-Aubrac, – « Altum Montem » absent sur la table de Puttinger mais présente sur l’itinéraire d’Antonin -, se dirigeait vers Segodunum, – Rodez. - Certes, les historiens font état, de préférence à « Altum Montem », d’Andéritum, présent sur la table de Puttinger et sur l’itinéraire d’Antonin, - l’actuel village de Javols -, au titre de station, mais cette agglomération était l’ancienne capitale des Gabales(1) et n’était reliée à la Via Agrippa que par un diverculum, - ou voie secondaire -. De cette mutatio, - ou relai de poste -, sur Aumont-Aubrac, il ne semble rester aucune trace des substructions mais il est vrai, aussi, qu’aucune recherche archéologique n’a été diligentée pour en localiser son implantation. Le bâtiment principal, construit en granite, pierre du pays, et couvert de tégulae, - tuiles à rebord -, devait être de plan quadrangulaire, et mesurer, environ, 15 à 25 mètres de long sur 10 à 20 mètres de large.


 

Au Moyen Âge, les routes et les sentiers aménagés par l’homme au fil des siècles, défiant la roche, contournant les falaises et profitant d’une vallée pour s’apaiser et se dérouler en douceur, les pèlerins y ont laissé les traces de leurs passages : gués aménagés, ponts, dômeries, monastères, croix, chapelles, oratoires, abbatiales, basiliques ou autres œuvres construites pour honorer les reliques de Saint-Jacques, but ultime de leurs périples, en Espagne. Aumont-Aubrac, la dernière marche avant de pénétrer dans l’Aubrac si espéré et si craint des pénitents et des voyageurs qui devaient traverser une profonde forêt infestée de loups et de brigands, - l’enfer s’il pleuvait ou s’il neigeait, la porte du Paradis si le beau temps était de la partie -, en était une étape obligée.


Aumont-Aubrac, joyau architectural posé sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle.


De son riche passé, l’église Saint Étienne, la maison du Prieuré, la fontaine, la statue de la Bête du Gévaudan, joyaux d’architecture enchâssés dans un écrin de verdure où vogue, immobile, un vaisseau de granit aux demeures robustes enracinées pour tenir bon face aux tempêtes d’hiver, et le truc del Fabre en témoignent toute l’opulence. Autrefois fortifié, le bourg préserve et « douillette » amoureusement ses maisons et ses hôtels, aux façades parementées de pierre de taille et aux rez-de-chaussée voûtés s’ouvrant en arceaux, des XVI° et XVII° Siècles.


 

En son nucléus, l’ancien prieuré bénédictin doté de son église originelle, -l’église paroissiale Saint Étienne -, érigé en 1061, attesté dès l’an 1123, remanié et restauré aux XII° et XIII° Siècles, veille, vieux berger des ans orgueilleux de ses ouailles, sur la paisible et pieuse communauté aumontoise, le fier fleuron de la baronnie de la Peyre. Il a conservé son chœur roman et ses chapelles latérales d’architecture francigenum opus(2), -gothique(3) -. Avec des nervures en arc brisé et des chapiteaux sculptés posés sur des troncs de colonnes assis sur des cul-de-lampe, son chevet est en cul-de-four. D’autres consoles d’encorbellement, à figures humaines, servent à supporter les bases des ogives des chapelles et des nervures de la nef. Son porche arbore, comme il se doit, unemagnifique coquille Saint-Jacques, symbole de pèlerinage. Un important travail de restauration, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’édifice monastique, a été effectué au cours, du XX° Siècle, et a restitué tout son lustre au remarquable bâtiment.


Perles architecturales à Aumont-Aubrac en Terre de Peyre.


La maison du Prieuré où vivaient les desservants de l’église Saint Étienne, un bâtiment daté de l’an 1684, avec son portail en arc brisé, sa façade en granit, ses fenêtres à meneaux et sa cave voûtée, a été restauré en 1790 et abrite l’Office de Tourisme du canton d’Aubrac en terre de Peyre. Il promeut, salle d’exposition et vente de produits régionaux, sous le label « Terre », l’accueil autmontois, la gastronomie de l’Aubrac, la découverte du terroir, le Chemin de Saint Jacques de Compostelle, les festivités et les animations saisonnières.


Au hasard d’une ruelle, en rehaut d’une niche vitrée, une énigmatique pierre sculptée la « pierre mystérieuse » pose interrogation et intrigue le pèlerin. Serait-ce une pierre de remploi provenant du prieuré ? Serait-elle l’œuvre d’un illuminé du Moyen-Âge, désireux de laisser son empreinte dans la matière ? Tout un chacun ignore sa provenance. Et si certains y voient une Svastika(4), d’autres, y découvrent et y lisent le trigramme JHS, Jesus Hominum Salvator, – « Jésus, sauveur des hommes. » -

Sur le Tuc del Fabre, une petite hauteur surplombant la Place du Foirail la statue du « Christ Roi », haute de plusieurs mètres, domine le village. Commandée, par le curé de la paroisse, au sculpteur parisien Courbet, et érigée en 1946, elle commémore un fait d’histoire : « lors de la deuxième Guerre Mondiale, 1939-1945, aucune victime n’a été à déplorer à Aumont-Aubrac. » Depuis, tous les ans, en période estivale, y conviant tous les paroissiens, les soldats et les maquisards, et, bien entendu, les pélerins et les estivants de passage, une grand-messe est célébrée au pied de la statue.


 

Le portrait architectural d’Aumont-Aubrac serait tronqué si j’en oublié ses fontaines et sa statue de la « Bête du Gévaudan. », une bête qui perpétua ses agissements criminels « au commencement de juin de l’année 1764 » et les amplifia tant dans le nombre, plus de 100 victimes, que dans l’horreur, jusqu’en 1767.


Aumont-Aubrac, un lieu idéal pour la promenade.


Autour de la petite cité d’Aumont-Aubrac, l’homme laisse la place à la nature. Des paysages époustouflants et sublimes se découpent, à perte de vue, sur une mer de pâturages bornés de pierres dressées granitique, et quelques hameaux, deux ou trois habitations souvent abandonnées, s’aperçoivent au détour d’un chemin, d’un vallon.


 

Il est traversé par quatre chemins, le Sentier Saint Jacques de Compostelle, le Tour des Monts d’Aubrac, le Tour de la Margeride, le Chemin d’Aumont-Aubrac à saint Guillem le désert, et par une kyrielle de chemins de randonnées en Pays de Peyre. Tous, du pas lent et mesuré des bergers, parcourent le plateau couvert d’herbes hautes et de fleurs jaunes et blanches, où guident vers quatre lacs déployant, enchâssés dans des écrins verdoyants, leur miroir, Dans le plus grand d’entre eux, celui de Saint Andéol, situé non loin d’un sanctuaire gallo-romain, la légende conte qu’en ses profondeurs, une ville entière y est engloutie.


 

Cette terre de prédilection, univers du volcanisme et du pastoralisme n’est-elle pas un lieu idéal pour la promenade et la méditation ? Un dicton dit « Aubrac, terre de vie et terre de Sainteté et l’homme sage y pose toujours ses pieds. » Alors l’homme du XXI° Siècle, majoritairement n’y transportant pas ses pas, est-il un sage ou un mécréant ?


Notes.


(1) Les Gabales sont un peuple gaulois, demeurant en Gévaudan. Ils participèrent à la coalition gauloise aux côtés des Arvernes. Leur chef-lieu gallo-romain était Anderitum, Javols, un des sites archéologiques les plus riches et les plus importants du Sud de la France, atteignant, à la fin du II° Siècle, jusqu’à 3.000 habitants contre 335 en ces débuts du XXI° Siècle. Au Moyen-Age, Mende prendra l’ascendant sur la capitale historique du Gévaudan.

(2) Ce sont les Italiens de la Renaissance qui ont nommé « gotico », – gothique en français -, ce style initialement nommé francigenum opus, mot à mot « œuvre française », ou « manière de bâtir en Île de France »

(3) Le terme « gothique » fut utilisé originellement dans un sens péjoratif. En effet, le mot est dérivé du nom des Goths, peuple considéré comme « barbare » par les Romains. L’art gothique était donc l’œuvre de barbares pour les Italiens de la Renaissance, car il aurait résulté de l’oubli des techniques et des canons esthétiques gréco-romains.

(4) La Svastika est un symbole religieux que l’on retrouve de l’Europe à l’Océanie, apparaissant dès l’époque néolithique. On peut le décrire comme une croix composée de quatre potences prenant la forme d’un gamma grec en capitale, d’où son autre appellation de croix gammée. Elle est toujours un symbole sacré dans certaines religions telles que l’hindouisme, le bouddhisme… et le jaïnisme. Après la Deuxième Guerre mondiale, en raison de son utilisation par l’Allemagne nazie, sa représentation est controversée en Occident.


Publié le 07 Décembre 2010 sur :

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Réal en Capcir, un village endormi en bord d’Aude.

Municipalité du Capcir, s’étendant en la partie basse de la vallée, depuis les versants sud-occidentaux du Massif de Madres et son Pic de l’Ós, - le Pic de l’Ours culminant à 2.341 mètres d’altitude -, au col de Censà, limite avec le Conflent, jusqu’aux rives du fleuve Aude, limite occidentale du territoire, qui en ce lieu donne vie au lac artificiel et au barrage de Puyvalador, le territoire communal de Réal, – ou Ral -, au milieu des herbages et des champs de céréales et de pommes de terre, est un espace de tranquillité à proximité de l’effervescence Capcinoise.


Les versants montagneux y sont boisés et la zone cultivée, essentiellement des près et des pâturages où paissent chevaux et bovins, est restreinte. Les activités touristiques ont peu impacté la localité qui subit, de la sorte, un fort pourcentage de dépeuplement. Le village, implanté à 1.509 mètres d’altitude, sur la berge droite de l’Aude, se dore au soleil face à la confluence avec la rivière Lladura, et son hameau, Odelló, du haut de son oppidum, veille sur les destinées de la retenue.


Topographie ancienne de Réal


En 1087, Guillaume, archidiacre, et Guillaume Udalgar font donation, à Guillaume, Comte de Cerdagne, de la villa de Réal qui est située en Comté de Cerdagne dans l’archevêché de Narbonne et dans la montagne qu’on appelle Capcir. A cette date, les délimitations en étaient : à l’Est, le col de Berga Stultos et de Campser, au Midi, Vila Nova, à l’Ouest Formiguera et, au Nord, Riutort et la barraque de Querramat. Querramat, le rocher en forme de branche qui n’a laissé qu’un lieu-dit rattaché, de nos jours, à Puyvalador, était dépendance, en 1011, du Vilar d’Odeillo lequel appartenait à l’Abbaye de Saint Michel de Cuxà.


Origine du toponyme Réal.


Le toponyme « Regaliis » apparaît, pour première mention, dans l’acte de concession, en l’an 893, du lieu que l’ont appelait « Mons Regaliis » situé dans la « villa mancipante de Sancti Romanii de Regaliis » fait à Guillaume Prat, par les frères Acfredo et Oliba II, Comtes du Carcassés-Razés.

Il se conçoit, pour ce toponyme, soit un substantif latin usité par Cicéron et Virgile, se traduisant, en français, par royal, de roi, pouvoir royal ou royauté, d’une part, et, d’autre part, d’après Cassiodorus, dans son « Historiae ecclesiastiae », signifiant résidence d’un roi ou palais : soit une altération de « Regales », concernant les membres d’une corporation de Formies, ville des Volques.

Antérieurement à la domination romaine en Capcir, vivait un peuple indo-européen, de souche Celte-Ibère. La région avait été, de plus, occupée par une peuplade la Narbonnaise, les Volques Arécomiques. De cette période subsistent les toponymes, La Lladura, - ou Rivière de Formiguères -, Sposolla, Formiguera, etc…

Aussi, « Mons Regaliis » étant mentionné dans un acte de 893, soit 300 ans avant que le Comte-Roi catalano-aragonais, Alphonse I, ne bâtit le château de Mont Royal, à Puig Balador, -Puyvalador -, il ne peut que s’admettre que « Regaliis » n’a pas la signification latine de royal, de roi, pouvoir royal ou royauté, et, qu’au demeurant, sa racine se rattache, plus sûrement, aux Celtes-Ibères ou aux Volques arécomiques.

En conclusion, il paraît plausible que Réal soit le lieu où s’installèrent des dignitaires ou des chefs Celtes-Ibères ou Volques arécomiques.


Réal, un village endormi en bord d’Aude.


Des ruelles, un nucléus…, le chaland, s’il ne pose son regard sur les marques d’architecture, ne s’arrêtera pas et passera son chemin. Mais c’est dans les pierres que l’histoire et la vie du village s’inscrit. Là, sur une butte, des substructions ruinées d’un château aujourd’hui disparu, plus loin, gravé dans des blocs de granit de remploi, à l’angle de portes cochères, une croix occitane et des signes distincts tels une colombe et un pentagramme d’une présence cathare, et les bribes d’un vieux « molí fariner », – moulin à farine -, aux maisons, les volets Vauban, une source d’eau minérale d’une fraîcheur exquise… et, pour l’œil averti, une kyrielle de petits détails architecturaux qui font le charme d’une visite approfondie…

Et, déçu de n’avoir rien vu, le dilettante blasé en oubliera, se dressant fièrement, à l’extérieur du village, au-dessus du plan d’eau, pourtant reconnaissable par son clocher-mur, à des lieues à la ronde, depuis tout le plateau du Capcir, l’église à nef unique couverte en berceau brisé, du XI° Siècle et remaniée au XVII°, en moellons de schiste non équarris, de Saint Romain et son cimetière attenant. L’édifice religieux garde, sur sa face Sud, les classiques arcatures et des lésènes lombardes, et une toute petite fenêtre absidale de la même époque. En son intérieur, des fresques datent du XVI° Siècle.

Il ne poussera pas le portail grinçant de la nécropole réalaise et n’y découvrira pas, en son centre, la croix en fer forgé qui y trône. Elle marque la dernière demeure d’un Maréchal d’Empire : Pierre Boucabeille. Étrange histoire que la sienne car elle a été ferronnée et gravée à son nom, l’année 1790, par le défunt lui-même, 12 ans avant son propre décès.

Il ne portera pas, non plus, ses pas sur la route panoramique qui se termine au hameau d’Odeillo de Réal, le dernier habitat du Capcinois à bénéficier du soleil le soir et il ne croisera pas la croix en fer forgée qui s’inscrit dans le cadre de la tradition et de la sorcellerie, en Capcir, au XV° Siècle. Ce petit oratoire était un lieu de recueillement et de dévotion où, avant chaque enterrement, les habitants s’y regroupaient pour chasser le démon qui hantait la dépouille roide du disparu.


Réal est ainsi, un village endormi en bord d’Aude, sans histoire et sans intérêt architectural.

 

 

Publié le 04 Décembre sur :

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Le Palais des Rois de Majorque, joyau perpignanais.

Lorsque Jaume(1), fils cadet de Jaume I el Conqueridor(2), – Jacques I le Conquérant -, est proclamé Roi de Majorque, au décès de son père, le 27 Juillet 1276, il décide d’installer la capitale de son Royaume à Perpignan, au carrefour de l’Aragon et des terres de France, se réservant deux résidences d’été, l’une à Majorque et la seconde à Montpellier.

Il lui fallait une résidence digne d’un Souverain et, dès 1274, deux ans avant le début de son règne, débute la construction de son palais, sur une colline d’où il peut dominer toute la ville, et, d’un regard circulaire, embrasser ses Comtés de Roussillon et de Cerdagne, sa Vicomté de Vallespir, et, des points sur l’horizon, sa seigneurie de Montpellier et ses terres îliennes majorquines. La construction de ce joyau architectural enchâssé dans un écrin, la fin marquée par la consécration des chapelles en 1309, s’est déroulée sur une période de 35 ans.

Par son plan d’ensemble s’inspirant fortement des modèles majorquins et s’organisant autour de trois cours, le Palais des Rois de Majorque, de style essentiellement gothique caractérisé par des arches majestueux, est un palais-forteresse élaboré sous la direction de maîtres d’œuvres, Ramon Pau et surtout Pons Descoyl, aux talents indiscutables et indiscutés en leur époque. Ses murs de galets roulés et de cayrons(3) liés au mortier de chaux hydraulique, sont enduits à la chaux dolomitique et peints, et ses portes, ses fenêtres, ses galeries, ses escaliers, ses chaînes d’angle, ses tours principales sont bâtis en pierres de taille, marbre rose et rouge de Ria, blanc et bleu de Céret, blanc de Baixas, gès du Canigou, pierre ocre de Les Fonts et bleue de Baixas.

Dans le cadre architectural, le Palais Royal est un complexe réunissant, en un même lieu, la salle du trône, siège du pouvoir politique, la chapelle, centre de dévotion et de méditation, et la résidence royale. La position surélevée de la chapelle Sainte Croix, au cœur des appartements royaux, face à la salle du trône, marque la prépondérance du spirituel sur le temporel.

La richesse architecturale, du Palais des Rois de Majorque, exprimait, et exprime toujours, l’œcuménisme catalan au Moyen Âge. Les murs et les plafonds des deux fastueuses chapelles superposées, s’élevant en donjon, sont couvertes de fresques polychromes et déroulent la calligraphie des sourates du Coran tandis que les décors des sanctuaires palatins font écho à la pensée monachique franciscainepropice à la méditation.

Si la Royauté majorquine fut éphémère, – du 27 Juillet 1276 au 25 Octobre 1349 mais, néanmoins ayant persisté jusqu’à son abolition par les Décrets de Nueva Planta de 1716 -, le passé qu’elle a laissé, fascine encore par sa beauté et ses richesses politiques, artistiques, littéraires et culinaires. Les « lois palatines(4) », un texte novateur rédigé en latin et illustré de miniatures, mettant en place une étiquette de cour, reprises par la suite par la majeure part des cours d’Occident, y sont promulguées en 1337 par Jaume II de Majorque(5), – suivant certains historiens Jaume III -. Le premier recueil culinaire publié, « le Sent sovi » est écrit en ses murs. Il fait état de recettes sucré-salé, aigre-doux, parfumées d’épices orientales donnant, à cette cuisine, des saveurs étonnantes, et d’un art de la table et de la réception des convives incomparables : sol jonché de plantes aromatiques, des nappes de draps blancs brodées, des céramiques de « Manises », – les azulejos -, et de vaisselle d’or et d’argent…, un art dont, bien plus tard, Louis XIV s’empara, et qui, depuis, est le fier fleuron de l’art de la table à la française honoré, en 2010, par l’United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization, – l’U.N.E.S.C.O. -, et entré au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Les abords et ses jardins, dans l’écrin de ses remparts de briques roses entourés d’un profond fossé, ramènent aux splendeurs andalouses. L’entrée du palais est protégée par des douves, une barbacane crénelée et un pont levis. La porte d’origine était percée du côté Sud de la tour de l’Homenatje, – tour de l’Hommage -, adossée à l’étage à la salle du trône. Elle conduit à la vaste cours d’honneur carrée d’où le badaud admire la façade Est ajourée de deux élégantes galeries sur deux niveaux.

L’aile Est, dominée par le donjon-chapelle Sainte Croix, fut ordonné par le Roi Jaume I en personne. Les deux sanctuaires superposés sont conçus dans le style gothique qui commence, alors, à s’imposer dans le Roussillon. Et celle Sud, la Grande Salle, « l’aula », accueillait banquets, conseils royaux et parlements. Ses murs peints étaient tendus de tapisseries. Elle conserve sa cheminée près de laquelle un escalier communiquait avec les cuisines au rez-de-chaussée.

Au-delà de la période majorquine, le palais sera fortifié à plusieurs reprises, notamment sous Philippe II d’Espagne lors de la construction d’une vaste citadelle que Vauban conservera plus tard lorsqu’il modernisera les fortifications de Perpignan. Après l’annexion à la France, le palais restera propriété militaire et ne sera redécouvert par les historiens qu’à partir de la 2e moitié du XIXe siècle. Inscrit sur la liste des Monuments Historiques en 1875, classé en 1913, il sera ouvert à la visite en 1958 et, sous l’égide du Conseil général qui en est propriétaire, il est, également, un haut lieu d’exposition sur l’histoire du Roussillon et il accueille, régulièrement, des concerts, des pièces de théâtre, des conférences et des colloques.

Du haut de sa tour, le chaland découvre un magnificent panorama de Perpignan, de la plaine du Roussillon, de la Vallée de la Têt, de la « Mare Noster », – la Mer Méditerranée -, des Corbières et des Albères.

Raymond Matabosch


Notes.


(1) Jacques I de Mallorque, – suivant certains historiens Jaume II -, deuxième fils de Jacque I le Conquérant et de Violante de l’Hongrie, naquit le 31 Mai 1243 et décéda le 29 Mai 1311. Il fut Roi de Majorque, – Majorque, Ibiza et Formentera, Minorque, encore occupée par les musulmans se considérait vassal -, Comte de Roussillon et de Cerdagne, Vicomte de Vallespir, Seigneur de Montpellier, Baron d’Omeladès et Vicomte de Carladès, de 1276 à sa mort.

(2) Jacques I le Conquérant, fils du Pierre II le Catholique et de Marie de Montpellier, naquit le 2 Février 1208 à Montpellier, décéda le 27 Juillet 1276 à Alcira. Il fut Roi d’Aragon, Comte de Barcelone et Seigneur de Montpellier en 1213, Roi de Majorque en 1229 et de Valence en 1232.

(3) Parallélépipède rectangle, de terre argileuse crue et séchée au soleil ou cuite au four, utilisé comme matériau de construction, plus communément dénommé brique pleine.

(4) Le document est conservé à Bruxelles à la Bibliothèque royale Albert I.

(5) Jacques II de Majorque naquit à Catane, en 1315, décéda lors de la bataille de Llucmajor, Majorque, le 25 octobre 1349. Il fut Roi de Majorque, Comte de Roussillon et de Cerdagne, Vicomte de Vallespir, Seigneur de Montpellier, Baron d’Omeladès, Vicomte de Carladès et Prince d’Achaïe

 

 

Publié le 06 Décembre sur :

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Carte postale du Pont du Saint Esprit, dans le Gard provençal.

Une transition hasardeuse d’une longueur de 919 mètres formant coude, l’une des plus remarquables de tous les ponts subsistant du moyen-âge, 25 arches, en pierres de taille, lancées sur le Rhône et édifiées entre 1265 et 1309 par la corporation religieuse et laborieuse des Pontifices, – ou Frères pontifes des hospitaliers -, placée sous le signe du Saint Esprit, avec le concours d’une confrérie de femmes, et financé avec les « Petit-Blanc », – passage du sel remontant le Rhône -, et les « traites étrangères », – quelques deniers par minot -, un peu en amont du confluent avec l’Ardèche, a favorisé l’éclosion de cette petite cité négociante, qui a conservé quelques belles demeures anciennes et sa vocation de marché.

 

Le Pont fantastique du Saint Esprit 1265 -1309 : Sa construction.

 

En 1214, l’évêque d’Uzès, pour faciliter les mouvements des populations liées aux croisades, pèlerinages et au commerce rhodanien voulut faire construire un pont à Saint-Saturnin du port. Le projet fut bloqué par le prieur du monastère Saint-Pierre de l’ordre de Cluny car les terres, sur les deux berges du Rhône, appartenaient, depuis l’an 948, – legs de Géraud d’Uzès, archevêque d’Aix -, à l’abbaye clunisienne. Mais, en 1265, conscient de l’enjeu stratégique que représenterait l’érection d’un tel ouvrage d’art, le prieur de Saint Pierre, seigneur des lieux, en favorisa la construction.

Sous l’égide du comte de Poitiers et de Toulouse, Alphonse de Poitiers, frère de Saint Louis, la première pierre de l’édifice majestueux qui franchit le Fleuve-Dieu du félibre Mistral, et Fleuve-Roi du romancierBernard Clavel, le « Rhône », fut posée, en rive droite, le 12 Septembre de la même année, par Dom Jean de Tensanges, aussi dénommé de Thianges -, prieur de Saint-Saturnin du Port. Mais la construction de l’ouvrage nécessitant d’énormes investissements financiers que ne pouvait supporter le prieuré, en 1280, une confrérie de frères et de sœurs pontifes fut crée pour aider l’œuvre d’édification du pont.

Moines-soldats et bâtisseurs émérites, les frères pontifes organisèrent des quêtes et des collectes et participèrent, activement, aux travaux de maçonnerie et à la taille des moellons, et les sœurs apportèrent, elles, assistance et soutien aux ouvriers et soignèrent les malades dans une bâtisse située aux abords du chantier.

Après la mort du Comte de Toulouse, Alphonse de Poitiers, en 1271, les régions « Partes Occitaniae Linguae » furent divisées en trois sénéchaussées, Saint-Saturnin du Port se trouva inclus, de fait, dans celle de Beaucaire en opposition directe avec le Comté de Provence. Aussi, vers 1295, il fut décider de fortifier la construction, au fur et à mesure de son avancement, par des tours.

En 1307, l’ouvrage était quasi terminé et une seule arche restait à édifier. Pour pérenniser l’œuvre et anticiper les mouvements de population, à des lieues à la ronde, le pont devant être le seul qui pourrait être opérationnel, en 1308, le prieuré de Saint Pierre bâtit, à la limite de son établissement conventuel, un hôpital. Quelques mois plus tard, 44 ans après sa mise en chantier, en 1309, le pont fut ouvert à la circulation. Un bac transportant les marchandises, les chariots n’y circulèrent qu’à vide.

Les piles côté Est furent construites sur la terre ferme, celles du côté opposé, en rive droite, bâties sur le rocher même et les autres, dans le courant du fleuve, protégées par des becs triangulaires brisant la force des eaux, sur pilotis. Chaque pile formant culée, les arches, au nombre de vingt cinq, composées de quatre arceaux juxtaposés, purent être lancées l’une après l’autre.

En voyant le pont, le Roi Philippe IV de France, -Philippe le Bel -, se rendant à Carpentras, en Comtat Venaissin, où le Pape Clément V qu’il avait fait élire le 5 Juin1305, avait établi sa curie, se serait écrié : « On dirait que cette œuvre merveilleuse est issue des mains de Dieu ! » Alors, bien vite, les bruits coururent que le Saint Esprit, en personne, avait travaillé à l’ouvrage et un oratoire fut érigé à proximité et dédié à l’Esprit de Dieu, – la troisième personne de la Trinité, aussi appelé l’Amour du Père et du Fils. – Le nom de Pont du Saint Esprit, – Pont Saint Esprit -, s’imposa et la légende circula partout en Europe.

 

La légende du pont volé de Saint-Saturnin du Port.

 

Quand Saint Saturnin du Port n’était qu’un simple bourg de pécheurs, de la dépendance de l’archevêché d’Aix, un service de bac et deux ponts, permettaient de traverser le Rhône. L’un, entre la bourgade et celui, sur la rive Est, de Lamotte, n’était qu’une passerelle faite de plusieurs épaisseurs de troncs d’arbres et de cordes de chanvre. Trop léger de structure et trop étroit, les marchandises étant transportées par bac, il ne permettait que le passage d’un chariot à vide, à la fois. Le second, sur l’antique voie Domitia, de bois taillé en larges poutres et doté d’une toiture, nécessitait un long détour par Beaucaire.

Le pont de Saint Saturnin du Port était très ancien. Les colporteurs disaient qu’Hannon, fils de Momilcar et lieutenant d’Hannibal, versla fin du mois d’août de l’an 218 avant Christ, dans le plus grand secret pour tourner l’ennemi hostile, posté sur l’autre rive etprêt aux combat, l’avait fait construire en un jour et une nuit. Il avait fait abattre des arbres et construire des radeaux qu’il avait joint pour facilité le transport des hommes, des chevaux, des éléphants et des bagages.

Mais à chaque crue du fleuve impétueux et à chaque grand vent, les vagues emballées venaient se fracasser sur la passerelle. A chaque fois, il fallait sonner le gros bourdon et les hommes encordés tentaient vainement de faire passer, sous l’ouvrage fragile, les arbres noyés qui formaient barrage ce qui n’empêchait pas le pont de se rompre trois à quatre fois par an.

Il fallait, en attendant de le rebâtir et de l’assurer à grand frais, faire un grand détour par l’unique pont de Beaucaire qui restait, pour aller au marché de Saint-André de Senemagos, à Abolenno ou à Carpentras et les charretiers se plaignaient des journées inutilement perdues, des dépenses d’octroi exorbitantes que percevaient les seigneurs sur leurs routes et de la fatigue qu’accumulaient leurs attelages.

Les prieurs de Saint Pierre, nouveaux seigneurs du lieu, et les desservants de Saint-Saturnin reconnurent la nécessité de construire un grand pont de pierre. Les dépenses engagées pouvant mettre à mal les finances de leur prieuré de celles de la petite bourgade bien pauvre, pour que la réalisation puisse voir jour, ils argumentèrent que chacun devrait trouver sa part au fond de son escarcelle.

C’est alors qu’arriva, à Saint Saturnin du Port, un bien curieux maître d’œuvre, un si curieux maître d’œuvre que les ecclésiastiques et le menu peuple, en y regardant de près, auraient pu voir qu’il avait, sous ses hardes délavées, un beau pourpoint de soie. Et, s’ils avaient prêté plus d’attention au nouveau venu, ils se seraient aperçus que l’intriguant personnage fuyait l’église et les oratoires, et ne faisait jamais le signe de croix.
Trop impatients que leur pont fut construit, ni les uns ni les autres ne regardaient le maître d’œuvre. Ils discutaient, seulement, de la condition qu’il avait posée: « Je vous bâtirai un pont de pierre, large pour permettre le passage de nombreux attelages et le croisement de deux convois de chariots, sans aucune gène pour les gens marchant à pied… un pont comme personne n’en a encore vu dans toute la région… mais, en échange, je veux, contre mon pont, tout ce qui fait la joie de vivre du premier qui y passera dessus… », ajoutant, à ses exigences, « …Le premier passant devra être, obligatoirement, un homme, non une bête, sinon, parole du fils second de Dieu le Père, le malheur s’abattra sur votre communauté. » Croyant en la Sainte Trinité, le maître d’œuvre, faisant injonction au fils second de Dieu le Père, ainsi ne pouvant être que l’incarnation du Saint Esprit, les prieurs de Saint Pierre et les desservants de saint Saturnin acceptèrent le marché sans autre condition.

Large, haut, solide, long de cent perches…, en une nuit, le pont fut construit.

Et, au petit matin, il y avait foule pour admirer la belle ouvrage. Et, parmi les plus poltrons, emportant tout à son passage, la rumeur courrait que le maître d’œuvre était l’incarnation du diable. Et, bien vite, chacun voulut s’enquérir des conditions acceptées par les hommes de Dieu pour qu’un tel pont puisse être bâti. La rumeur s’enflammant, les cris et les harangues fusèrent de toutes parts : « Notre pont doit être payé par la fortune du plus riche. A toi, prieur, traverse. Tu nous dois cela pour le mâlin ! » Mais le prieur interpellé avait disparu… Ainsi il en fut pour tous les moines de Saint Pierre et pour tous les desservants de Saint Saturnin, et pour tous les syndics et tous les consuls, et le prévôt… et bien d’autres avec eux…


La foule s’amenuisait petit à petit. En finalité, il ne restait plus que les petites gens et la mauvaise humeur montait et enflait démesurément :

« Ils n’ont pas su nous faire un pont, c’est aux maçons à trouver l’homme… .

- C’est aux charpentiers, affirmèrent les maçons…

- C’est aux marchands qui vont vendre les produits de la pêche et des champs et des vignes, ce sont eux qui l’emprunteront, alléguèrent les charpentiers… »

Mais nul ne voulait se dévouer. Même les manants… Enfin, un homme, arrivant de nulle part, sans âge et sans famille, jouant des coudes, fendit la masse agglutinée des petites gens et des rustres aux visages empourprés par la colère et prompts à en découdre, et dit:

« Si ce n’est que cela…, je me dévoue. Ce sera moi qui emprunterait le pont le premier… »

Sur l’autre rive, spectateur du spectacle désopilant offert par les religieux, les notables et les petites gens de Saint Saturnin du Port, le maître d’œuvre attendait, patiemment, le règlement de son dû. Il avait jeté, au diable vauvert, ses hardes. Tous crurent reconnaître, vêtu de riche soie rouge et noire, Belzébuth en personne
L’homme, d’un pas assuré, s’engagea sur le pont, s’arrêta, au milieu, pour regarder le Rhône et continua sa marche. Parvenu sur l’autre berge, le Diablotin, avec bonhommie et large sourire, lui serra la main.

« Pourquoi es-tu venu, Homme… ?

- Parce quelqu’un devait se dévouer pour concrétiser l’acceptation du contrat et la finalisation de celui-ci, une fois les travaux achevés… Et je suis là pour cela…

- Voilà la parole d’un homme de bien, sensé dans ses propos… », reprit le Diable. « Ce village étant en peine, j’avais décidé de tester son bon sens et le bien fondé de leurs prières… Mais tous ne sont que des pleutres sans foi et sans âme, même mes bergers m’ont trahi… Je ne puis l’accepter et, en punition, leur punition, je reprends mon pont.

Et comme il aurait tiré sur une corde, la belle ouvrage s’effilocha dans la brume et disparut à la vue de tous. Le beau pont de pierre ne resta plus qu’une illusion. il fallut plus de deux siècles avant que le Comte de Toulouse, Alphonse de Poitiers, et le prieur de Saint Pierre, Dom Jean de Tensanges, ne lancent la construction d’un autre.

 

Le Pont du Saint Esprit au fil des temps.

 

En pleine guerre de Cent ans, en 1358, le pape Innocent VI, fit construire les remparts d’Avignon et, en même temps, autorisa, pour le Pont du Saint Esprit, la construction de bastilles crénelées aux deux accès ainsi que sur la pile « Saint-Nicolas. »

A l’Ouest, sur la deuxième pile, au XV° Siècle, furent érigées « la Tour du Roy » et une seconde qui servit de logement aux gardes du pont. Parallèlement, sur le coude du pont, à la demande expresse des prieurs de Saint Pierre, une tour fut aménagée et transformée pour abriter, d’une part, en son niveau supérieur, la chapelle Saint Nicolas et, d’autre part, en-dessous, au raz des flots tumultueux du Rhône, une prison. En son Est, un pont-levis fut adjoint à la tour appelée « devers l’Empire. »

Sous les coups de butoirs répétés, lors des grandes crues, dès le XVI° Siècle, l’arche orientale, détruite, fut remplacée par trois petites arches, et, au XVII° Siècle, des travaux de restauration s’imposant, des avant et des arrière-becs triangulaires furent construits. A cette époque, seuls subsistaient encore, du XIII° Siècle, les becs triangulaires originels qui protégeaient les piles « Saint Nicolas » et « Terre. »

Au XIX° Siècle, ouvert à la libre circulation, le pont fut réaménagé et, en 1861, doublant les piles, les becs étant refaits, ainsi son tablier élargi de deux mètres, les chariots purent se croiser aisément. En outre, avec l’apparition des bateaux à vapeur qui remontaient le Rhône, l’ouverture des arches s’avéra trop étroite. Alors, les autorités politiques et fluviales, d’un commun accord, l’importance du commerce et les bénéfices qui en résulteraient, décidèrent de « faire sauter », en rive droite, la première pile, et offrirent un passage de 58 mètres de largeur aux mariniers. Les travaux de transformation furent placés sous la haute autorité d’un certain Aymard, ingénieur ordinaire du département du Gard et les voussoirs en fonte, de l’arche du pont furent coulés sous « l’habile direction d’Emile Martin », un homme de bon sens et un industriel avisé dans la sidérurgie et le fonctionnement des hauts fourneaux, qui avait amélioré, les fours à réverbère inventés, par Carl Wilhelm Siemens.

Lors de la deuxième Guerre Mondiale, en Août 1944, les bombardements américains, par le fait du hasard ou par chance inouïe, – ne dit-on pas le Pont du Saint Esprit -, avaient relativement épargné ce superbe ouvrage. Seule l’arche en fonte ayant été détruite, celle-ci fut provisoirement remplacée par un pont suspendu léger. Dès 1954, une nouvelle arche, d’une portée de 53,70 mètres, et d’une largeur de 7,50 mètres, en béton armé à deux articulations plus en accord avec le monument en pierres maçonnées, coulée sur un cintre constitué de profilés métalliques, fut réalisée.


Raymond Matabosch.


Publié le 04 Décembre sur :

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Abbaye de Saint-André de Sorède, aux pieds des Albères.

Le Monastère bénédictin de Saint André de Sorède fut fondé, vers les années 780/800, par le moine Miró, noble de haute lignée d’origine hispanique, – c’est-à-dire un Wisigoth -, chassé d’Ibérie par les Sarrazins, qui en fut son premier abbé.

L’établissement originel se situait dans la haute Vallée de la Massane, à la Vall de Sant-Martí(1), – la Vallée de Saint Martin de Montbram, aujourd’hui le hameau de Lavall -, dépendant de la commune de Sorède, avant d’être déplacé en son implantation usuelle connue, sur les bords du fleuve côtier « la rivière de Taxò(2) ».

Il est cité dans un précepte, – Monasterium Sancti Andreae(3) -, daté de l’an 823, accordé, à la demande du Comte carolingien Gaucelm du Roussillon, par l’Empereur d’Occident, Louís I le Pieux(4), – ou le Débonnaire 778-20 Juin 840 -, à l’abbé Sisegut, successeur de Miró, une ordonnance, confirmée en Mai 844 et une seconde fois le 23 Février 869(5) par Charles II le Chauve, Roi de Francie occidentale, mettant l’abbaye et ses biens sous la protection de l’empereur et lui concédant l’immunité. Ainsi doté, le Monastère bénéficia d’une importance notoire et d’une prospérité incontestable.


Abbaye de Saint André de Sorède sous la dépendance de l’Abbaye de La Grasse.


Grâce aux Comtes du Roussillon qui la dotèrent de quelques richesses, l’abbaye de saint Andrée fut prospère. Mais, en 1109, elle apparaît ruinée et sans subsides. A l’initiative de la Comtesse Inès, épouse de Girard I du Roussillon parti en Terre Sainte, et de l’Évêque d’Elne, en firent don à l’Abbaye de Sainte Marie de Corbieu. Mise sous la dépendance de La Grasse, les donataires espéraient que ses abbés en imposeraient leurs lois et la restaureraient, ce dont ils s’y attachèrent redonnant lustre à l’établissement monacal.

En 1121, une nouvelle abbatiale fut consacrée par Pedro Bernardo, Évêque d’Elne. Dans l’acte y furent consignées la possession de l’église Saint Marie, église paroissiale de la petite communauté d’âmes, des paysans recherchant la protection des religieux, qui s’était établie aux abords du monastère, et les dépendances de celles de Saint Michel de Candell, -Saint Michel de Llotes -, de Saint Martin de la Ribe, - Sancti Martini de Ripa sive in villa Terrad localisée à l’Ouest de la ville, sur les collines Saint Martin -, et du Monastère de Saint Clément de Réglella, - et son village de éponyme localisés à l’Est d’Ille sur Têt -.

Vers 1151, bien que les documents archives soient très peu parlants sur les raisons qui auraient pu expliciter le changement, une nouvelle communauté séculière avait investi les lieux et s’était installée. Parallèlement à cette époque de mutation, la guerre opposant Gausfred III du Roussillon(6), – Comte du Roussillon de 1113 à 1164 -, à son fils Guisnard II(7), faisait rage dans les Albères et semait désolation et morts.


La décadence de l’Abbaye de Saint André de Sorède.


Engagée auprès du Comte du Roussillon, son protecteur bienfaiteur, l’Abbaye de Saint André eut à souffrir de cette belligérance générant de nombreux dommages et exactions et une cascade d’usurpations, ce qui eut pour effet de limiter son expansion. A la fin du XIII° Siècle, le Monastère ne comptait plus que quatre moines dans ses effectifs et, périclitant, inexorablement tomba lentement en décadence.

Les événements militaires dont la région d’Elne dût à subir des préjudices se multiplièrent, accélérant la ruine de l’Abbaye de Saint André. En 1285, dans le cadre de sa conquête du Roussillon, Philippe le Hardi, Roi de France, détruisit les environs immédiats de la cité épiscopale illiberrienne, saccageant Argelés, Sorède, Saint André, Taxo d’Availl et d’Amont, Palau del Vidre, et…, avant d’agir de même avec Elne dont la Cathédrale Ste Eulalie en garde toujours les traces sous la forme d’éclats dans le marbre du portail.

Le 8 juillet 1344, Jacques I de Majorque(8) fait le siège d’Elne suite à son opposition à Pierre IV d’Aragon, possesseur du fief illiberrien, qui étendait ses pouvoirs seigneuriaux sur les communautés limitrophes des Abères. Enfin, en Juillet 1462, pour mater une rébellion, Jean II, Comte-Roi d’Aragon-Catalogne, fait appel à Louis XI qui, moyennant 200.000 écus d’or, gagés sur les deux comtés du Roussillon et de la Cerdagne, avec les châteaux de Perpignan et Collioure, met 700 lances, – c’est-à-dire 7000 cavaliers et les gens de pied qui vont avec -, à la disposition du monarque catalano-aragonais. Toute la région subit de nouveaux sièges impitoyables et de nouvelles batailles dévastatrices et ravageuses, les troupes françaises, sous la houlette du despotique vice-roi Antoine de Lau désigné par Louis XI, appliquant la méthode de « la Terre brûlée. »


Le démantèlement de l’Abbaye de Saint André de Sorède.


En 1592, l’Abbaye de Saint André de Sorède était totalement exsangue et financièrement ruinée. Philippe II d’Espagne, Prince Souverain des Pays-Bas, Roi d’Espagne de 1556 à sa mort, le 13 septembre 1598, et Roi du Portugal à partir de 1580, intercéda auprès du pape Clément VIII, et obtint l’union de Saint André de Sorède avec l’abbaye Sainte Marie d’Arles sur Tech. Le lien, unissant les deux établissements conventuels, subsista jusqu’à la Révolution.

En nos temps présents, de tout l’édifice monacal, – Chapelles, hôtellerie, église, cloître, fontaine, réfectoire, cuisine, cellules, entrepôts, poterne, tour… -, il n’existe plus que l’abbatiale devenue église paroissiale de la ville de Saint André. Et même les archives concernant leur dévolu, excepté un document unique attaché au cloître, en date de 1744, - document H192 des archives départementales des Pyrénées Orientales faisant état qu’il aurait été détruit au XV° siècle, par les troupes de Philippe II -, restent mystérieusement silencieuses.

Il est vrai que deux chapiteaux, attestés d’apartenance au Monastère de Saint André, servent de support de bénitier dans les églises de Saint-Génis-des-Fontaines et de Saint-Jean-Lasseille, quatre chapiteaux, avec leurs futs, sont conservés dans la chapelle Sainte-Colombe de Cabanes, au Nord de Saint-Génis et que plusieurs chapiteaux, conservés à Saint-Martin-du-Canigou, proviennent du cloître andréen…, toutes choses pouvant donner explications à l’omerta qui plane sur le devenu des restes conventuels...

 

Raymond Matabosch

Notes.


(1) La première église de Lavall de Sant Marti de Montbram, mentionnée en 823 dans le précepte de Louis Le Pieux, était la « cella » primitive de l’abbaye de Saint André, transférée sous l’abbé Miró, – ou Miron -.

(2) La rivière de Taxo est un fleuve côtier des Pyrénées Orientales qui, suivant les communes qu’ils traverse à plusieurs toponymes : Rivière de Sorède, Rivière de Saint André, Rivière de Taxò et Ribereta avant de se jeter dans la mer juste au sud du Tech, au grau de la Ribereta. Le cours d’eau reçoit, en aval de Saint-André, un petit affluent, le Miloussa.

(3) Au X° Siècle, Monastérium Sanctus Andrea vel Eldugo, laisse croire que l’établissement monacal se situait sur le territoire ou les terres d’Eldugo, un nom d’origine wisigothique ou germanique.

(4) N’étant pas le fils aîné de Charlemagne, Louis est d’abord destiné à une carrière monastique, et instruit dans la religion. Durant son règne, il réforme les monastères et change de politique vis-à-vis de la papauté en s’engageant à respecter les États de l’Église et à ne pas intervenir dans les élections pontificales.

(5) La confirmation du 23 Février 869 est attribuée, à tort, à Charles III le Simple, fils posthume et légitime du roi de Francie, Louis II le Bègue, de 877 à 879, né en 879. Cette confirmation ne peut être de du fait de Charles II le Chauve Roi de Francie occidentale de 843 à 877 et Empereur d’Occident de 875 à 877.

(6) Gausfred III Comte du Roussillon de 1113 jusqu’à sa mort en 1164. Son père, Girard I du Roussillon, assassiné prématurément, laissa, pour successeur, son fils Gausfred encore enfant. Arnold Gausfred, son oncle, assura la régence du Comté jusqu’en 1121

(7) Guisnard II, – ou Girard II de Roussillon -, fils de Gausfred III, est le dernier comte de Roussillon indépendant, en 1164. A sa mort sans héritiers, en 1172, il lègue ses biens au Roi d’Aragon et Comte de Barcelone Alphonse II le Chaste.

(8) Jacques I de Majorque, en catalan Jaume I, né en 1243, mort le 29 mai 1311, roi de Majorque, comte de Roussillon et de Cerdagne, et seigneur de Montpellier, de 1276 à sa mort, est le troisième fils du Roi d’Aragon Jacques I le Conquérant. Après la mort de ses frères Alphonse et Ferdinand, il devient le second dans la succession à la couronne. Par testament de 1262, son père divise ses possessions : le frère aîné de Jacques, l’Infant Pierre reçoit les royaumes d’Aragon et de Valence avec le comté de Barcelone, alors que Jacques reçoit le royaume de Majorque, les comtés de Roussillon et de Cerdagne et la seigneurie de Montpellier. Par respect pour son père, à son avènement à la couronne majorquine, il adopta le quantième « II » dans la lignée régnante des Jacques.


Publié le 21 Novembre 2010 sur

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